vendredi 4 décembre 2009

114.

~ Rions ~

Le rire à ce qu'on dit est le propre de l'homme,
Car lui seul peut ainsi exprimer sa gaieté.
Un gag, une grimace, il en fait peu en somme
Pour créer ces instants de franche hilarité.

Mais nul ne réagit de la même manière
Que son père, son frère ou le fils du voisin.
Il est mille façons de rire sa chimère.
Il n'est qu'une façon de rire pour chacun.

Charmant rire effronté de la jeune nymphette.
Celui bien plus discret de l'enfant de Marie.
Joli rire perlé de la grande coquette,
Petit rire nerveux de celle qu'on marie.

Rire du bon vivant, homérique, sonore.
Ricanement amer de l'amant éconduit.
Rire épais du fêtard que l'on entend encore
Quand se sont déchirés les voiles de la nuit.

Rire sain du public pour une pièce drôle.
Fou rire de l'acteur, réplique bafouillée.
Trilles, pizzicati, ainsi le veut le rôle
De la diva qui rit à gorge déployée.

Ah!Je ris de me voir si belle en ce miroir.....

Il n'est rien de meilleur que d'éclater de rire.
Foin de rire sous cape ou derrière la main.
Et comme Rutebeuf en son temps l'eût pu dire :
"Se voir mourir de rire, ah! quelle belle fin!"

Renée Jeanne Mignard

vendredi 27 novembre 2009

113.

~ A cœur joie ~

Chante, chante mon cœur, débordant de tendresse
Pour celui qui te fait palpiter nuit et jour.
Tu es jeune, mon cœur, et rempli d’allégresse,
Tu vis les doux moments de ton roman d’amour.

Pourtant il me semblait que timide, trop sage,
Tu n’osais pas parler, te montrais plus discret.
Tu cachais tes désirs, ton besoin de partage.
De tes vœux les plus chers, tu gardais le secret.

Pourquoi ce changement, cette soudaine envie
D’exprimer aujourd’hui ce qu’hier tu taisais ?
Peut-être as-tu compris que l’homme de ma vie,
M’aime un petit peu plus que ce que tu pensais.

Foin du bonheur volé qui prête à équivoque,
De la joie mesurée, sans attraits, sans merci.
Mais tant mieux s’il y a sentiment réciproque,
Quand on sème l’amour, on le récolte aussi.

Danse, danse mon cœur ton amoureuse ronde,
Qui t’étourdit parfois quand tu doutes de lui.
Viens, danse dans ses bras pour oublier le monde,
Berce tes rêves bleus jusqu’au bout de la nuit.

Mon cœur, viendra le temps de l’aube souveraine
Où je m’envolerai vers mon étoile d’or.
Rien ne sera fini. Au-delà de la peine,
Au-delà de la vie, je l’aimerai encor.

Chante, chante mon cœur, débordant de tendresse,
Pour celui qui te fait palpiter nuit et jour.
Tu es jeune, mon cœur, et rempli d’allégresse,
Tu vis les doux moments de ton roman d’amour.

Renée Jeanne Mignard

samedi 21 novembre 2009

112.

~ L’innocent ~

Un angélique sourire
Sur son visage enfantin,
Il est cela va sans dire,
Un caprice du destin.

Il n’y a pas de malices
Dans sa cervelle d’oiseau.
Sa candeur fait les délices
Des commères du hameau.

Il ne sait rien des orages
Qui embrasent l’univers.
La tête dans les nuages,
En récitant quelques vers
Pour ses amies les mésanges
Qui picorent dans sa main,
Il va souriant aux anges,
Sans souci du lendemain.

Comme le ferait un mioche,
Il lance à grands gestes vifs
Le caillou blanc qui ricoche
En légers bonds successifs.
Il suit sa course rapide
Qui se perd près d’un roseau,
Fixe d’un regard limpide
Les cercles qui rident l’eau.

Heureux innocent, mon frère,
J’aime ta sérénité.
Tous les malheurs de la terre,
Ne t’ont jamais tourmenté.

Poursuis ton rêve tranquille
Jusqu’à la félicité.
Moi je m’en vais à la ville,
A cette vie difficile,
Qu’il est dur de supporter,
A cette quête futile,
A ce bonheur trop fragile,
Que le temps va me compter.

Renée Jeanne Mignard

vendredi 13 novembre 2009

111.

~ Souhaits ~

Parle-moi, toi que j’aime, il est doux de t’entendre,
Quand mon corps et mes sens aspirent au plaisir.
Quand tu me dis l’amour, que ta voix se fait tendre,
C’est un si grand bonheur que j’en crois défaillir.

Ecris-moi quand les pleurs meurtrissent mes paupières,
Tant l’absence est pénible, et dure à supporter.
Nous ne pourrons jamais abolir les barrières,
Mais un seul mot de toi peut me réconforter.

Garde-moi quand dans mes pensées germe le doute,
Que je t’aime si fort que parfois j’en ai peur.
Sans toi, je ne saurais continuer ma route.
Ma vie privée de toi ne serait que douleur.

Aime-moi quand tous deux nous sommes à l’orage,
Que nous nous éloignons sans rime ni raison,
Qu’il s’en faudrait d’un rien qu’on ne fasse naufrage,
Que pour notre avenir il n’est plus d’horizon.

Chante-moi doucement ta chanson nostalgique,
Quand les flammes le soir crépitent au foyer.
Elle sait consoler mon cœur mélancolique,
Quand j’ai si mal de toi que j’en pourrais crier.

Berce-moi lorsque dans tes bras je suis captive,
Quand ma lèvre assoiffée tremble d’émotion,
Que ton corps et le mien s’en vont à la dérive,
Emportés par le flot de notre passion.

Souris-moi si mes yeux s’embrument de tristesse
Quand tu quittes mes bras pour retourner chez toi.
Pour que soit oublié cet instant de faiblesse,
Avant que de partir, mon amour, souris-moi.

Renée Jeanne Mignard

vendredi 6 novembre 2009

110.

~ Ode à la rose ~

Ô rose, que tu as de charmes,
Dans l'air frais du petit matin,
Quand la rosée pleure ses larmes
Sur ton corsage de satin.

L'éclat de ta robe sanguine
Eblouit plus d'un papillon.
De l'abeille qui te butine,
Tu sais le méchant aiguillon.

D'une miraculeuse ondée,
Tu rêvais dans l'été vermeil,
Offrant ta corolle assoiffée
A l'ardent baiser du soleil.

Bientôt les couleurs de l'automne
Terniront un peu ta beauté.
Vois , déjà la vie abandonne
La fleur qui gît à tes côtés.

Mais ce matin, tu es si belle
Que jalouse de ta splendeur,
Voilà qu'une guêpe cruelle
Est venue te percer le coeur.

Reine de mon jardin, ô rose,
Tu tends au soleil triomphant
Ton calice d'or où se pose,
Le regard ému d'un enfant

Renée Jeanne Mignard

vendredi 30 octobre 2009

109.

~ Miracle ~

Il était né dans le béton
Dans une rue pour le piéton.
Difficile à croire.
Mais c'est une aventure
Que même Dame Nature
N'aurait pu concevoir.

Dans une rue piétonne...
Vous me la baillez bonne...
Mais si, je vous assure,
Je l'ai vu de mes yeux.
C'était miraculeux.
Un petit crocus qui fleurissait
Au beau milieu du trottoir.

Nul ne le voyait,
C'était tellement impensable.
Personne n'y croyait
C'était tellement invraisemblable.

D'ailleurs, quand je l'ai dit,
Personne ne l'a cru.
Et pourtant, mes amis,
C'est vrai....Je l'ai vu!

Renée Jeanne Mignard

vendredi 23 octobre 2009

108.

~ La brouille ~

Ma muse ces temps-ci se montre bien méchante.
Raille ce que j’écris, pleure lorsque je chante,
Me joue de vilains tours de son invention,
Me fait sans volonté, sans inspiration.

Hier à mon réveil, il me vint une idée,
Une de ces lueurs que parfois je connais.
Je me disais alors, fermement décidée,
Oui, celle-là me plaît, elle sera sonnet.

Mais j’avais oublié l’humeur sans bienveillance
De ma muse qui prit un air très compassé,
Me jeta un regard vide de complaisance,
Et me tournant le dos, sortit d’un pas pressé.

"Après tout, peu me chaut de ton aide, coquine.
Pour ce poème là, me passerai de toi.
Je ne supplierai point, ne serai pas câline.
Puisque tu veux partir, éloigne-toi de moi."

L’effet que j’espérais ne se fit pas attendre.
Ma muse s’arrêta, stoppée dans son élan,
Puis revenant vers moi de son air nonchalant,
Me donna gentiment la main d’un geste tendre.

Le calme est revenu après cette journée.
Ma muse ce matin m’ouvrit tout grands les bras.
Ne soyez pas surpris si la porte est fermée.
Ma muse est inspirée, ne la dérangez pas.

Renée Jeanne Mignard

vendredi 16 octobre 2009

107.

~ Aquarêve ~

En marchant ce matin sur les berges de l’Indre,
Je revoyais ce jour d’un été radieux,
Qui nous avait permis de contempler tous deux,
Le paisible tableau que tu aurais pu peindre.

La vue du vieux moulin, de la rivière sage
Scintillant au soleil nous avait éblouis.
Berçant ses nénuphars tout frais épanouis,
Elle nous accordait ses splendeurs en partage.

Nous aimons toi et moi, ce noble paysage
Que l’homme prédateur ne peut apprivoiser.
Je me souviens encor du chaleureux baiser
Que tu m’avais donné au chemin de halage.

Aujourd’hui c’est l’hiver, et son pâle cortège
De brumes, d’arbres morts, de neige, de frimas.
Mais décembre ou juillet, cela n’importe pas.
L’indre a pour m’envoûter le même sortilège.

Refleurira l’avril et ses aubes vermeilles.
Reparaîtra l’été, temps béni des amours.
Nous referons alors le magique parcours,
Sur les rives de l’Indre, aux beautés sans pareilles.

Renée Jeanne Mignard

vendredi 9 octobre 2009

106.

~ Amour ~

Laisse-moi t’aimer à l’aube nouvelle,
Quand au ciel vermeil naît un autre jour.
Au printemps l’avril fait la partie belle
A qui veut danser au bal de l’amour.

Laisse-moi t’aimer à la moisson blonde,
Quand le vent d’été berce les épis.
Juillet généreux à l’ardeur féconde,
Au cœur des vergers mûrit les apis.

Laisse-moi t’aimer au temps des vendanges,
Quand la grappe d’or nous donne son miel.
L’octobre se vêt de couleurs étranges.
Des nuages lourds attristent le ciel.

Laisse-moi t’aimer aux frimas du givre,
Dentelle de gel brodant les carreaux.
Près du feu de bois qu’il est doux de vivre,
Alors que janvier gèle les ruisseaux.

Ma main dans ta main c’est la joie extrême.
Mon cœur près du tien c’est la pamoison.
Qu’importe si toi tu ne dis de même,
Puisque moi je t’aime à perdre raison.
Laisse-moi t’aimer au gré des saisons.

Renée Jeanne Mignard

samedi 3 octobre 2009

105.

~ Heureux ~

Il existe des gens heureux,
Volets fermés, les portes closes,
Qui vivent les yeux dans les yeux
Leur bel amour fleuri de roses.

Ils n’ont pas le moindre problème,
Blottis dans leur intimité,
Nul besoin de dire je t’aime,
Ils croient en leur sincérité.

Ils privilégient le silence,
Car au plus profond de leur cœur,
Ils savent que trop d’éloquence,
Peut parfois tuer le bonheur.

Pourtant ils ont tant à se dire,
Tant à se découvrir encor.
Mais ils gardent dans un sourire,
Leur mystère, leurs rêves d’or.

Au gré de leur humeur sereine,
Ils sont joyeux le plus souvent.
Si l’un d’eux ressent de la peine,
Autant en emporte le vent.

Qu'importe la saison qui passe.
Ils sont sûrs de leur lendemain.
Quand à la nuit le jour fait place,
Ils s’endorment main dans la main.

Ils vivent une belle histoire.
Même s’ils tremblent quelquefois
Pris par le doute dérisoire,
Rien ne peut éprouver leur foi.

Je sais qu’il est des gens heureux,
Portes fermées, les volets clos,
Qui taisent les yeux dans les yeux
Leur roman d’amour sans échos.

Renée Jeanne Mignard